PMA sans père : « Au pied du mur, le gouvernement doit maintenant apporter des réponses »

Alors que les débats s'ouvrent en séance publique du projet de loi bioéthique à l’Assemblée nationale, la Manif pour Tous des Pays de la Loire, mouvement farouchement opposé à la PMA (Procréation Médicalement Assistée), dans un communiqué intitulé « Tous nés d’un père et d’une mère » demande des réponses. Appel est lancé pour la manifestation nationale l « Marchons Enfants ! » qui se tiendra à Paris le dimanche 6 octobre : « Liberté ! Égalité ! Paternité ! ». Le communiqué.


« L’heure des réponses a enfin sonné. Après avoir été alerté en vain sur les conséquences de la PMA sans père, le gouvernement doit désormais répondre aux interrogations et inquiétudes exprimées par les Français depuis plusieurs années. Resté sourd aux questions soulevées par les associations familiales, les pédopsychiatres, les juristes, les scientifiques, les philosophes…, la majorité va devoir se montrer non seulement à l’écoute mais aussi entendre les nombreuses réserves exprimées par la société civile.

Il est temps de lever les ambiguïtés entretenues par le gouvernement depuis trop longtemps. L’embarras du gouvernement à la suite de la publication de l’avis de l’Académie nationale de médecine s’est traduit par un amalgame scandaleux. Des ministres n’ont pas hésité à comparer la situation des enfants vivant dans des familles monoparentales avec celles d’enfants nés par PMA sans père. Heureusement, ces deux situations n’ont rien à voir. Les enfants vivants dans des familles monoparentales connaissent souvent leur père. Mais pour de multiples raisons, ils en sont séparés. Ces situations n’ont rien à voir avec le fait d’organiser la conception d’enfants volontairement privés de leur père. C’est bien ce caractère volontaire qui est au cœur du projet de loi. Qui a le droit de décider qu’un enfant peut être privé de son père avant même sa conception ? Comment l’accepter ? Comment peut-on envisager un seul instant de priver volontairement un enfant de l’amour de son père pour toute sa vie ?

Le gouvernement entretient également une ambiguïté autour de la GPA. Il affirme que ce n’est pas un sujet puisque le projet de loi ne prévoit pas la légalisation de la GPA. Mais, en même temps, il prépare une circulaire sur la reconnaissance des enfants nés par GPA dans un pays étranger. Il ne doit pas fuir ses responsabilités et être clair :

Oui ou non, le gouvernement est-il réellement opposé à la GPA ?
Oui ou non, le gouvernement est-il opposé à ce que des Français aillent faire une GPA à l’étranger ? Par souci de cohérence, et parce que la dignité des femmes n’a pas de frontières, parce que la GPA est effectivement intolérable en France, elle l’est aussi à l’étranger et nos ressortissants ne doivent pas être autorisés par la loi française à y recourir.
Oui ou non, le gouvernement est-il prêt à reconnaître les enfants nés d’une GPA à l’étranger à l’état civil, ce qui reviendrait à encourager les Français à aller faire des GPA à l’étranger et donc au développement de ce business sordide ?
Oui ou non, le gouvernement veut-il s’engager pour l’abolition universelle de la GPA, au nom de la dignité et du droit des femmes ?

Bien d’autres questions sont encore soulevées par la PMA sans père à l’occasion du débat parlementaire : la PMA post mortem, la PMA pour les personnes transgenres, l’autoconservation des ovocytes, la réponse à la pénurie de gamètes… Concrètement, comment le gouvernement entend-il garantir aux femmes que l’autoconservation des ovocytes ne va pas déboucher sur des pressions de leurs employeurs ? Comment le gouvernement peut-il garantir que la pénurie de gamètes ne va pas se traduire par la rémunération des fournisseurs de sperme ou l’achat de sperme à l’étranger ? Comment le gouvernement compte-t-il s’assurer que ce commerce des gamètes sera interdit en France, y compris sur Internet ?

Enfin, le gouvernement doit cesser de chercher à museler toute forme d’opposition à son projet au nom de la recherche légitime d’un « débat apaisé ». Il y a eu plusieurs glissements forts regrettables du côté de la majorité qui cherche manifestement à réécrire l’Histoire. S’il s’est déclaré favorable, à titre personnel, à la PMA sans père, Emmanuel Macron a toujours conditionné tout projet législatif à l’existence d’un large consensus. Aujourd’hui, plusieurs ministres cherchent à remplacer ce consensus par le caractère « apaisé » du débat. C’est un tour de passe-passe grossier et indigne du gouvernement. Le Président du CCNE (Comité Consultatif National d’Éthique) a lui-même souligné, à l’issue des États généraux de la bioéthique, qu’il n’existe pas de consensus sur cette mesure. Les Français sont profondément divisés sur cette question. Comment, en outre, parler de débat « apaisé » lorsque ni les conclusions des États généraux de la bioéthique, ni le contenu de la mission d’information parlementaire, ni les auditions de la commission spéciale mise en place à l’Assemblée nationale n’ont été pris en compte. Comme pour les retraites, la position du gouvernement consiste à organiser un débat mais à ne surtout pas en tenir compte dans ses décisions. C’est parfaitement anti-démocratique.

La République doit protéger tous ses enfants, sans distinguer ceux qui sont nés par PMA, elle n’a pas à en priver volontairement certains de l’amour d’un père. C’est ce message d’amour qui sera porté haut et fort dans la rue lors de la manifestation unitaire sous le label « Marchons Enfants ! » qui se tiendra à Paris le dimanche 6 octobre : « Liberté ! Égalité ! Paternité ! ». »



Article du 25 septembre 2019 I Catégorie : Politique

 


11 commentaires :


Commentaire de Pilou49 25/09/2019 20:08:55

Pourquoi ne pas poser la question à tous les orphelins de guerre il doit bien encore en rester quelques-uns non ? C'était bien à la maison sans "Papa" ? Je sais qu'il n'y a plus beaucoup d’orphelinats dans notre pays et c'est tant mieux évidemment mais questionnez les pauvres enfants qui y sont et vous aurez la réponse que mérite ce débat honteux pour notre civilisation !



Commentaire de Mais de quel droit ? 25/09/2019 20:15:45

Mais de quel droit peut-on s'autoriser à décider si un enfant à besoin ou non d'un père pour grandir et devenir un homme équilibré ? Qui sommes nous pour pouvoir trancher une telle question existentielle ? N'avons nous pas jusqu'à ces jours tous eu un père et bien pleuré ceux qui l'ont perdu ... Un peu de sagesse... rien d'autre et tout devrait être dit !



Commentaire de Pour notre malheur ! 25/09/2019 20:27:26

Pour notre malheur, mais avec respect, nous avons un président qui vraisemblablement, n'aura jamais de descendance directe pour des raisons, à priori, évidentes !... Mais est-ce une raison pour favoriser par une loi scélérate l'absence d'un père et sa sublime relation avec un enfant, n'a t-il pas eu un père lui aussi ? Alors est-ce de l’égoïsme ou de la jalousie ? Que penser ? ...



Commentaire de MMA 26/09/2019 07:37:48

zero papa zero mama PMA



Commentaire de Alain 26/09/2019 08:37:08

La sexualité n’est plus cette félicité jadis tant chantée : le Nirvana s’est mué en rayon Ikea où l’emboîtement remplace le sentiment. Tout cela va-t-il perdurer ? À ce train-là, on comprend que le pic des naissances risque de dégringoler : peu de chance qu’un gynéco sacrifie son réveillon sur l’autel de la PMA. Prenez rendez-vous, Madame, un jour ouvré !



Commentaire de Rouge Papa 26/09/2019 08:47:39

PMA : les personnes LGBTQI+ ne sont pas des citoyen.ne.s de seconde zone ! La loi doit les considérer comme tel. Alors qu’il est attendu et repoussé depuis plus de deux ans, le projet de loi sur la bioéthique va enfin être discuté par les parlementaires en septembre prochain. 65% des français se disent favorables à l'extension de la PMA aux couples de femmes. La France a perdu 11 places dans le classement Spartacus des pays les plus LGBT-friendly dans le monde (17e contre 6e en 2018). Le PCF restera vigilant dans les discussions et dans la loi qui sera votée pour que le principe d’égalité ne soit jamais bafoué.



Commentaire de Le PCF à la Gay-Pride !!! 26/09/2019 09:05:37

Les quelques dinosaures qui se traitent encore de "camarade" n'ayant plus la moindre idéologie se font maintenant les défenseurs de la cause LGBT et dans le monde s'il vous plait ! On verra bientôt le drapeau rouge avec la faucille et le marteau en tête de la Gay-Pride et quelques défenseurs de l'Humanité en tutu pousser de grands cris de folles en se tortillant devant les passants indifférents !



Commentaire de Superdeg 26/09/2019 09:14:06

Si les femmes n'ont plus besoin d'hommes elles n'ont plus besoin de leur pension alimentaire! Ca va faire des économies aux hommes



Commentaire de et oui 26/09/2019 12:47:15

Si les dossiers avancent il s agit juste de clientélisme electoral .Avec si je suis pour ce truc combien vais je récupérer d électeur. On en reviens un peu a l’époque ou coluche se presenter "pour rire "mais ou il se moquait pour rassembler le plus grand nombres... « J'appelle les fainéants, les crasseux, les drogués, les alcooliques, les pédés, les femmes, les parasites, les jeunes, les vieux, les artistes, les taulards, les gouines, les apprentis, les Noirs, les piétons, les Arabes, les Français, les chevelus, les fous, les travestis, les anciens communistes, les abstentionnistes et



Commentaire de Bah oui !!! 26/09/2019 18:58:15

Le PMU risque de rapporter d'avantage que la PMA et coûte moins cher à la collectivité .....



Commentaire de Halte à la stupidité svp !! 27/09/2019 16:07:13

Le père n’est plus le père. Après MeToo, le problème est réglé. Quand comprendra-t-on, (dit Madame Mecary), qu’un donneur ne peut en aucun cas être un père ? Quant à la mère… Laquelle ? Donneuse ? Porteuse ? Gestatrice ? D’intention ? Ce sera donc, sans rire, la mère et la mère. Le droit n’y retrouvera plus ses petits. En attendant, on s’apprête à faire des orphelins d’État mais on garde le mot « maman » dans les médias par empathie pour « le mal d’enfant » et non pas « de » l’enfant !...



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